Pendant longtemps, j’ai cru que les Tupperware étaient des objets simples.
Un plat. Un couvercle. Une relation monogame, stable et durable. Avec le temps, j’ai compris que non. Les Tupperware vivent manifestement dans une relation ouverte. Tu les achètes en couple. Tu les ranges ensemble avec de belles intentions. Tu te dis que cette fois-ci, tu vas être organisée. Tes restants de spaghetti auront enfin une vie digne de ce nom. Ton frigo va ressembler à une publication Pinterest où tout est transparent, empilable et parfaitement étiqueté.
Trois jours plus tard, tu te retrouves devant une scène de crime. Le plat est là. Le couvercle, lui, a disparu. Pas « pas trouvé tout de suite ». Disparu. Volatilisé. Évaporé comme ma motivation quand quelqu’un me dit : « On pourrait se lever tôt demain pour aller marcher. » Je possède actuellement environ quarante-sept contenants de plastique, pis deux cent-deux couvercles, dont aucun ne semble vouloir collaborer avec le plat que j’ai entre les mains.
Et pourtant, je refuse de jeter quoi que ce soit. Parce qu’on ne sait jamais. Un jour, peut-être, dans un alignement cosmique rarissime impliquant Mercure rétrograde, la pleine lune et un niveau de patience inhabituellement élevé, je vais retrouver LE bon couvercle. En attendant, j’empile des contenants esseulés dans une armoire qui menace de me tomber dessus chaque fois que je l’ouvre. C’est un peu comme un site de rencontres pour plastique recyclé.
Tu essaies.
Tu compares.
Tu presses de tous les côtés.
Tu y crois.
Puis tu réalises que ça ne fitte pas pantoute.
Il y a toujours un couvercle qui semble presque parfait. Tu le poses. Tu appuies doucement. Un coin embarque. Tu te sens pleine d’espoir. Puis l’autre côté refuse catégoriquement de coopérer. Comme une fermeture éclair sur des jeans achetés « en prévision de perdre du poids ».
J’ai aussi remarqué que les contenants les plus tachés par la sauce à spaghetti sont toujours ceux qui survivent. Tu peux acheter les plus beaux plats neufs, élégants, bien carrés, sans BPA. Ce sont eux qui disparaissent en premier. Mais le vieux plat orange fluorescent qui date probablement de l’époque où les Backstreet Boys dominaient les palmarès? Lui, il est immortel. Il a vu des pâtés chinois, des salades de macaroni, des lunchs oubliés dans l’auto en juillet et probablement deux ou trois déménagements. Il est plus résilient que moi.
Et malgré tout ce chaos, malgré les couvercles incompatibles et les avalanches de plastique à chaque ouverture d’armoire, je continue de croire que je vais finir par être ce genre d’adulte organisée. Tu sais, celle qui prépare ses repas le dimanche. Qui possède des contenants assortis. Qui sait toujours ce qu’il y a dans son frigo. Moi, j’ouvre encore trois fois la porte en espérant qu’un repas complet apparaisse par intervention divine.
Les Tupperware sont finalement une excellente métaphore de la vie adulte. Tu accumules des morceaux. Tu essaies de tout faire fitter. Tu gardes des affaires en te disant que ça pourrait servir. Et la plupart du temps, rien ne s’emboîte exactement comme prévu.
Mais d’une façon ou d’une autre, ça tient quand même.
Souvent avec un coin mal fermé.
Parfois avec du tape.
Et occasionnellement avec du papier d’aluminium parce qu’on n’a toujours pas retrouvé le maudit couvercle.
Et si tu me cherches, je vais être dans ma cuisine, en train de tester un couvercle beaucoup trop petit sur un plat beaucoup trop grand, avec la même naïveté que quand je me dis, chaque dimanche soir :
« Cette semaine, je vais être organisée. »
À bientôt peut-être! Pis d'ici-là, prend soin de ton dedans!
Tourlou là!
Jennaille XoX
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